Pour s’attaquer aux déséquilibres mondiaux, il faut s’attaquer à la racine des inégalités structurelles en matière de revenus, de richesse et de pouvoir, affirment les syndicats dans la déclaration 2026 du Labour 7 (L7) lancée le 16 avril. La déclaration, publiée alors que les représentants du L7 et d’autres groupes d’engagement du G7 rencontraient le ministre français des affaires étrangères pour présenter leurs priorités pour le G7 de cette année sous la présidence française, exhorte les pays du G7 à œuvrer en faveur de la paix et de la fin des guerres en cours. Il établit également une feuille de route pour remédier aux déséquilibres structurels par la justice sociale, le respect du droit international et la réduction des inégalités.
La déclaration fait état de niveaux d’inégalité alarmants au sein de l’OCDE et dans le monde. Le revenu moyen des 10 % de ménages les plus aisés est neuf fois plus élevé que celui des 10 % les plus modestes, tandis que les 10 % les plus aisés de la population mondiale détiennent environ 75 % des richesses, contre seulement 2 % pour les 50 % les plus modestes. Ces disparités ne sont ni accidentelles ni inévitables : elles reflètent un transfert de revenus et de pouvoir de longue date du travail vers le capital, auquel les gouvernements du G7 doivent s’attaquer en agissant à la fois sur les salaires et sur la fiscalité.
Le L7 demande instamment au G7 de soutenir la mise en œuvre d’un salaire minimum vital conformément à la définition internationale convenue à l’OIT en 2024, en plaçant la négociation collective et les partenaires sociaux au centre. Les syndicats appellent à la création d’une plateforme internationale pour éradiquer la pauvreté au travail, réunissant les syndicats, la société civile, les agences de développement et les organisations d’entreprises.
Le L7 demande également aux membres du G7 de garantir une imposition juste et progressive des multinationales et des particuliers fortunés, notamment par le biais d’un impôt sur les bénéfices exceptionnels et d’un impôt minimum effectif coordonné sur les personnes ultra-riches. La déclaration appelle le G7 à soutenir la création d’un panel international sur les inégalités, conformément à la proposition faite au G20 l’année dernière.
Les travailleurs font les frais d'un système mondial qui protège la richesse et pénalise les salaires. Le G7 ne peut pas s'attaquer aux déséquilibres mondiaux si les systèmes fiscaux permettent aux plus riches de s'en tirer à bon compte et que l'on demande aux travailleurs de combler l'écart.
La même dynamique capital-travail se retrouve dans le système commercial, où la suppression des salaires et l’affaiblissement du pouvoir de négociation enferment les pays dans un cercle vicieux de restriction salariale et de flexibilisation du marché du travail afin de maintenir ou de retrouver la compétitivité. Le sommet du L7, qui se tiendra à Paris le 5 mai, à la veille de la réunion des ministres du commerce du G7, réunira des dirigeants syndicaux, des représentants du G7 et des universitaires afin de pousser le G7 à adopter une feuille de route pour un commerce équitable fondé sur le travail décent et la négociation collective.
L'augmentation des inégalités, la concentration des richesses et l'érosion des droits du travail sont des réalités mondiales qui exigent des réponses mondiales. Les membres du G7 ont une responsabilité particulière dans la mise en place d'un modèle commercial alternatif et dans la promotion de politiques qui garantissent une fiscalité équitable, des salaires décents et des négociations collectives renforcées, promouvant ainsi la justice sociale dans l'ensemble du système multilatéral.
Lisez l’intégralité de la déclaration du L7 ici.
