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Le TUAC appelle à investir dans l’éducation alors que l’étude PISA 2025 révèle une crise qui s’aggrave

Les derniers résultats du programme PISA mettent en évidence une crise croissante de l’éducation dans l’ensemble de l’OCDE, les performances des élèves ayant atteint leur niveau le plus bas jamais enregistré en sciences, en lecture et en mathématiques. Le TUAC appelle les gouvernements ...

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Les derniers résultats du programme PISA mettent en évidence une crise croissante de l’éducation dans l’ensemble de l’OCDE, les performances des élèves ayant atteint leur niveau le plus bas jamais enregistré en sciences, en lecture et en mathématiques. Le TUAC appelle les gouvernements à investir dans une éducation publique de qualité, à rejeter la fausse promesse selon laquelle les outils d’intelligence artificielle pourraient se substituer à des établissements scolaires dotés de ressources suffisantes, et à s’attaquer aux inégalités économiques qui privent des millions de jeunes du soutien dont ils ont besoin pour apprendre.

Publiée le 8 septembre, l’édition 2025 de cette évaluation a porté sur plus de 760 000 jeunes de quinze ans répartis dans 91 pays et économies – la cohorte la plus importante des neuf cycles du programme depuis 2000. L’ampleur du recul qu’elle met en évidence est alarmante : entre 2015 et 2025, les résultats en lecture ont chuté de 28 points dans l’ensemble de l’OCDE et ceux en mathématiques ont baissé de 22 points, tandis que les résultats en sciences ont connu une légère baisse. Ce recul est le plus marqué là où cela compte le plus : la capacité à évaluer les informations, à synthétiser des données provenant de différentes sources et à faire preuve d’esprit critique – autant de compétences dont les jeunes ont précisément besoin dans un monde dominé par l’intelligence artificielle.

Le TUAC remet en cause l’idée de plus en plus répandue selon laquelle l’IA pourrait venir à la rescousse des systèmes éducatifs en difficulté. Les élèves de 15 ans qui ont recours à des chatbots d’IA pour des tâches telles que résumer des lectures, rédiger des brouillons ou effectuer des recherches préliminaires obtiennent des notes en sciences inférieures d’environ 20 points à celles de leurs camarades qui n’y ont pas recours – un déficit équivalant à peu près à une année de scolarité. Si les élèves qui combinent une utilisation régulière de l’IA à une formation scolaire en matière de culture numérique ont tendance à obtenir des résultats légèrement supérieurs, ces opportunités sont principalement réservées aux élèves issus de milieux socio-économiques favorisés, ce qui renforce les inégalités existantes.

Les syndicats affirment que ces résultats mettent en évidence un échec systémique dans la lutte contre les inégalités en matière d’éducation. En sciences, l’écart de résultats entre les élèves favorisés et défavorisés a atteint 85 points, et bien qu’il se soit réduit entre 2022 et 2025, cette évolution s’explique en grande partie par une baisse des résultats chez les meilleurs élèves plutôt que par des progrès chez ceux qui en ont le plus besoin. Le soutien apporté par les familles a également diminué par rapport à 2022, cette baisse étant particulièrement marquée chez les garçons et les élèves défavorisés – ce qui reflète l’impact plus large de la précarité économique sur les ménages.

La pénurie d’enseignants aggrave le problème. Quatre élèves sur dix fréquentent des établissements dont les directeurs indiquent que le manque de personnel enseignant nuit à l’enseignement, et cette pénurie touche plus particulièrement les écoles défavorisées et les établissements publics.

Les gouvernements ne doivent pas déléguer leur responsabilité en matière d’éducation aux entreprises technologiques. L’intelligence artificielle est de plus en plus présentée comme une solution aux défis auxquels sont confrontés les systèmes éducatifs, mais les résultats du programme PISA montrent qu’elle peut en réalité entraver l’apprentissage. L’utilisation de l’intelligence artificielle dans l’éducation doit être pilotée par les enseignants et orientée vers des besoins pédagogiques spécifiques. Les décideurs politiques doivent investir dans les enseignants, renforcer l’enseignement public et lutter contre les inégalités qui compromettent la capacité d’apprentissage de toute une génération.

— Veronica Nilsson, secrétaire générale du TUAC