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« La technologie dans le secteur de la santé doit être au service des travailleurs », déclare le TUAC lors du Forum de l’OCDE sur l’égalité entre les femmes et les hommes

Lors du Forum de l’OCDE sur l’égalité entre les femmes et les hommes, qui s’est tenu à Paris les 8 et 9 juillet, le TUAC a appelé les décideurs politiques à placer les professionnels des soins au cœur des décisions technologiques dans le domaine de la santé. Lors d’une session ...

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Lors du Forum de l’OCDE sur l’égalité entre les femmes et les hommes, qui s’est tenu à Paris les 8 et 9 juillet, le TUAC a appelé les décideurs politiques à placer les professionnels des soins au cœur des décisions technologiques dans le domaine de la santé. Lors d’une session consacrée aux technologies numériques, aux données et à l’avenir de l’économie des soins, les syndicats ont averti que ces nouveaux outils ne constituaient pas une solution miracle pour un secteur en pleine crise.

Cette crise s’est construite au fil des décennies. Le sous-investissement dans les systèmes de santé nationaux a entraîné une pénurie mondiale de personnel de première ligne. Dans tous les pays, les enquêtes menées par les syndicats auprès des professionnels de santé font état de charges de travail lourdes, d’horaires prolongés, d’un niveau de stress élevé, de faibles rémunérations, de contrats précaires et d’un manque de contrôle sur leur travail. Des enquêtes menées auprès du personnel hospitalier indiquent que 56 % des infirmiers et infirmières des pays de l’OCDE – dont la majorité sont des femmes – estiment que les effectifs et le rythme de travail ne garantissent pas leur sécurité, et qu’une grande partie d’entre eux envisagent de quitter leur emploi.

La technologie pourrait alléger certaines de ces pressions, mais seulement, affirment les syndicats, si elle répond aux besoins des personnes qui l’utilisent. Lorsqu’on leur demande ce qu’elles attendent des outils numériques, les infirmières sont claires : une réduction des tâches administratives, davantage de temps et de sérénité pour prodiguer des soins. L’adoption de la technologie tend toutefois à être dictée par les priorités institutionnelles plutôt que par les besoins du personnel de première ligne. L’analyse prédictive en est un exemple révélateur : elle attire les investissements, mais les infirmières indiquent qu’elle alourdit leur charge de travail au lieu de l’alléger.

Le TUAC a insisté pour que les travailleurs qui utilisent ces technologies au quotidien puissent participer aux décisions concernant leur mise en place et leurs modalités d’application. A un document de travail récent de l’OIT met en évidence la différence que cela fait. Les technologies hospitalières ont été couronnées de succès lorsqu’elles ont été conçues en collaboration avec les infirmières pour répondre à des problèmes que tout le monde reconnaissait, et elles ont échoué lorsque c’est le prestige de l’établissement qui a motivé l’investissement. Selon cet article, la représentation syndicale contribue à mettre en avant les priorités des infirmières.

Le TUAC a également appelé les décideurs politiques à reconnaître et à valoriser la nature intrinsèquement humaine du travail de soins, et à veiller à ce que la numérisation ne dévalorise pas les professions du secteur des soins en entraînant une déqualification.

Le personnel soignant est majoritairement féminin, sous-rémunéré et surchargé de travail. Lorsque les décisions en matière de technologie sont prises sans que ces travailleurs soient associés au processus, il en résulte des outils qui servent les intérêts des institutions au détriment de ceux qui dispensent les soins. La négociation collective est essentielle pour garantir que les technologies numériques soutiennent efficacement les travailleurs du secteur des soins – et pour remédier à la sous-valorisation structurelle du travail de soins qui est à l’origine de cette crise.

— Veronica Nilsson, secrétaire générale du TUAC

Crédit photo : OCDE