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La création d’emplois doit aller de pair avec le développement des compétences, affirme le TUAC lors de la conférence PIAAC des pays nordiques et baltes

Lors de la conférence PIAAC nordique et balte sur les compétences des adultes, qui s’est tenue cette semaine à Jyväskylä, en Finlande, le TUAC a appelé à un changement d’approche en matière de transformation liée à l’intelligence artificielle, soulignant que la ...

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Lors de la conférence PIAAC nordique et balte sur les compétences des adultes, qui s’est tenue cette semaine à Jyväskylä, en Finlande, le TUAC a appelé à un changement d’approche en matière de transformation liée à l’intelligence artificielle, soulignant que la reconversion professionnelle ne suffirait pas à faire face aux bouleversements économiques qui risquent de se produire : les gouvernements doivent également veiller à ce que des emplois de qualité soient proposés aux personnes concernées.

Le TUAC met en garde contre le fait que les débats politiques considèrent souvent l’IA comme une force inéluctable, quelque chose qui se produit qui aux emplois et à les travailleurs. Alors que les entreprises et les actionnaires récoltent les fruits d’un progrès technologique sans entraves, la réponse politique se limite trop souvent à la seule amélioration des compétences et à la reconversion professionnelle. On attend des travailleurs qu’ils s’adaptent à des fonctions (re)définies en fonction des capacités de l’IA, le travail humain étant considéré comme un simple complément destiné à combler les lacunes.

Cette approche décharge les gouvernements et les entreprises de toute responsabilité, fait valoir le TUAC, et fait peser entièrement le fardeau de l’adaptation sur le salarié. Nous avons déjà connu cette situation : il y a plus de deux décennies, on avait promis aux ouvriers d’usine aux États-Unis que la reconversion professionnelle leur permettrait de surmonter les bouleversements économiques et d’accéder aux emplois de demain. Mais pour de nombreux travailleurs, ces emplois ne se sont pas concrétisés ou, lorsqu’ils l’ont fait, étaient moins bien rémunérés, non syndiqués, moins sûrs et exigeaient à la fois une délocalisation et un changement radical d’identité professionnelle. Les leçons à tirer de ces répercussions sont claires : les gouvernements doivent créer et protéger des emplois de qualité, plutôt que de se contenter de « reconvertir » les travailleurs sans tenir compte de leur identité professionnelle ni de leurs conditions de travail.

Pour les syndicats, la question n’est pas de savoir ce que l’IA peut faire : le point de départ doit être l’action humaine, et la manière dont l’IA peut compléter les capacités des travailleurs. Des études de cas sur l’adoption de l’IA montrent deux expériences radicalement différentes. Les lieux de travail où l’expérience est positive sont ceux où les travailleurs peuvent utiliser l’IA pour les assister comme et quand ils le jugent bon, sans que leur rythme ni leurs conditions de travail ne soient modifiés. À l’opposé, on trouve des travailleurs qui ont vu l’IA vider leur métier de son essence créative et significative, les condamnant à vérifier les résultats de la machine pour un salaire inférieur et sous une pression accrue.

Le TUAC insiste sur le fait que les travailleurs doivent être au cœur des discussions concernant les besoins futurs en matière d’emploi et de compétences. L’accord qui a mis fin à la grève des scénaristes d’Hollywood fin 2023 a établi des règles claires sur la manière dont les studios pouvaient utiliser l’IA, garantissant ainsi que cette technologie soit au service des travailleurs et non l’inverse.

La négociation collective joue également un rôle essentiel pour faciliter l’accès à une formation de qualité pour les travailleurs qui ont besoin ou souhaitent acquérir de nouvelles compétences ou des compétences de base. La convention collective nationale italienne de 2016 pour le secteur métallurgique accorde à tous les salariés permanents, à temps plein ou à temps partiel, le droit à au moins 24 heures de formation, tandis que les accords de transition suédois de 2022 garantissent aux travailleurs un soutien financier pour leur reconversion professionnelle, qu’ils soient actuellement en poste ou en période de transition entre deux emplois. L’OCDE elle-même a souligné à maintes reprises l’importance du dialogue social, et en particulier de la négociation collective, dans le développement des compétences et pour obtenir de meilleurs résultats tant pour les travailleurs que pour les employeurs en période de transition.

Les syndicats s’accordent à dire que l’amélioration des compétences des adultes et des possibilités d’apprentissage est essentielle dans le cadre des transitions écologique et numérique. Cependant, cela ne saurait être considéré comme suffisant pour protéger les travailleurs face aux bouleversements économiques ; les gouvernements doivent également façonner et créer de manière proactive les emplois de demain, en prenant comme point de départ l’autonomie humaine et les intérêts des travailleurs. L’histoire a montré qu’il ne suffit pas de construire le pont ; il faut également réfléchir à la rive vers laquelle il mène.

— Veronica Nilsson, secrétaire générale du TUAC