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Des impôts des milliardaires aux emplois de qualité : L’agenda des travailleurs du TUAC à la réunion ministérielle de l’OCDE

À la veille de la réunion du Conseil de l’OCDE au niveau ministériel de 2026, le TUAC a organisé un dialogue de haut niveau sur la lutte contre les inégalités grâce à une fiscalité plus équitable, réunissant l’économiste Gabriel Zucman, le Secrétaire général de ...

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TUAC event : Tackling Inequality and Promoting Social Cohesion through Fiscal and Social Justice

À la veille de la réunion du Conseil de l’OCDE au niveau ministériel de 2026, le TUAC a organisé un dialogue de haut niveau sur la lutte contre les inégalités grâce à une fiscalité plus équitable, réunissant l’économiste Gabriel Zucman, le Secrétaire général de l’OCDE Mathias Cormann, le Secrétaire général du TUC Paul Nowak et le Président honoraire de l’ACV-CSC Marc Leemans, devant une salle comble de représentants de gouvernements, d’ambassadeurs et de hauts fonctionnaires, en marge de la réunion ministérielle. M. Zucman a illustré ce que la coopération fiscale internationale peut accomplir : même un modeste impôt minimum de 2 % sur les milliardaires du monde entier permettrait de collecter 200 à 250 milliards de dollars par an auprès d’environ 3 000 personnes. Pour les syndicats, ce plancher n’est que le début de ce qu’exige une fiscalité équitable.

Cet argument a donné le ton de la semaine. Lors de chaque session de la conférence ministérielle, qui s’est tenue à Paris les 3 et 4 juin sur le thème « Des politiques industrielles adaptées pour des marchés ouverts, la croissance et la prospérité », le TUAC a défendu un seul et même argument : la politique industrielle ne permettra d’atteindre une prospérité partagée que si elle s’articule autour des intérêts des travailleurs. Dans sa déclaration aux ministres, Un agenda des travailleurs pour la politique industrielle, le TUAC a identifié deux conditions de succès : la sécurité économique et des conditions de concurrence équitables.

Le TUAC a repris cet ordre du jour à chaque session. Tomoko Yoshino, vice-présidente du TUAC et présidente de la JTUC-RENGO du Japon, a fait valoir que des institutions syndicales fortes ne constituent pas un coût pour la compétitivité, mais une source de productivité et de stabilité. L’inverse est également vrai : la concurrence pour attirer les investissements en rendant la main-d’œuvre bon marché et précaire érode la demande intérieure dont dépend en fin de compte la croissance. En ce qui concerne le soutien industriel, les syndicats ont insisté sur les conditions qui garantissent la négociation collective et un travail décent et de qualité, et sur le fait que les investissements publics doivent être consacrés à la santé et à l’éducation, et pas seulement aux secteurs stratégiques qui dominent la politique industrielle. Les syndicats ont également averti que la militarisation du commerce par le biais d’interdictions d’exportation, de restrictions et de droits de douane fragilise les chaînes d’approvisionnement et qu’il est essentiel d’apaiser ces tensions pour rétablir la prévisibilité sur les matières premières essentielles.

À l’appui de ces interventions, le TUAC a contesté la vague de déréglementation qui déferle sur les pays de l’OCDE, en insistant sur le fait que les garanties en matière de travail et d’environnement sont des infrastructures essentielles à la croissance durable, trop souvent considérées comme de simples formalités administratives. Les fonds publics destinés à la transition verte, par le biais de marchés publics et de subventions, devraient être conditionnés au respect des droits des travailleurs et à la négociation collective, afin que la décarbonisation crée des emplois de qualité plutôt que de laisser les travailleurs en absorber les coûts. Le TUAC a également appelé à une application plus stricte des Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales, qui fêtent cette année leur 50e anniversaire, et a soutenu l’idée d’une fiscalité équitable, en exhortant les gouvernements à considérer l’impôt minimum mondial de l’OCDE/G20 comme une base de référence sur laquelle s’appuyer et à s’opposer aux exclusions qui l’érodent.

Des emplois sûrs, une fiscalité équitable et des droits solides ne sont pas des obstacles à une économie prospère - ils sont ce qui la rend possible. Les syndicats sont venus à cette réunion ministérielle avec un programme clair et nous continuerons à faire pression sur les gouvernements pour qu'ils le mettent en œuvre.

— Veronica Nilsson, secrétaire générale du TUAC

Les syndicats sont prêts à aider les gouvernements à la mettre en œuvre.

Photo : OCDE, « Manifestation TUAC : S’attaquer aux inégalités et promouvoir la cohésion sociale par la justice fiscale et sociale », 2026, sous licence CC BY-NC 3.0 IGO.