La Commission syndicale consultative auprès de l’OCDE (TUAC) a organisé aujourd’hui le deuxième webinaire de sa série 2025, réunissant des représentants syndicaux, des chercheurs et des fonctionnaires de l’OCDE pour examiner les liens entre la réduction des écarts de rémunération entre les hommes et les femmes et la diminution des opportunités pour les jeunes travailleurs.
Le webinaire, animé par Therese Svanström, présidente du TCO suédois, a examiné deux tendances significatives du marché du travail : les progrès réalisés dans la réduction des écarts de rémunération entre les hommes et les femmes depuis les années 1970 et le déclin des perspectives d’emploi pour les jeunes travailleurs, qui sont aujourd’hui confrontés à des résultats de carrière moins bons que ceux des générations précédentes à des stades de carrière similaires.
Salvatore Lattanzio, économiste à la Banque d’Italie, a partagé les résultats d’une étude du Bureau national de la recherche économique (National Bureau of Economic Research) explorant la manière dont les jeunes hommes ont été confrontés à des écarts croissants en matière de rémunération et d’avancement professionnel. L’étude révèle que dans de nombreux endroits, la réduction de l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes est principalement due au fait que les salaires des jeunes hommes baissent dans la distribution, plutôt qu’à l’augmentation significative des salaires des femmes.
Valerie Frey, économiste principale à l’OCDE, a présenté des recherches sur les disparités salariales entre les hommes et les femmes au niveau international et les approches politiques adoptées par les pays, en particulier les mesures de transparence salariale. Elle a expliqué comment ces politiques visent à réduire les disparités en rendant plus visibles les écarts de rémunération entre les hommes et les femmes, tout en notant que les progrès dans la réduction des écarts salariaux entre les hommes et les femmes se sont considérablement ralentis depuis 2000.
Après les présentations, les participants ont exploré les défis politiques interconnectés, notamment les disparités salariales entre les professions et l’importance d’augmenter les salaires dans les secteurs où les femmes sont généralement surreprésentées, comme le secteur des soins. La discussion a également porté sur le rôle des syndicats dans la lutte contre l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes.
Il est clair que les progrès en matière d'égalité entre les hommes et les femmes sont au point mort, tandis que les jeunes travailleurs voient leurs perspectives de carrière se dégrader. En l'absence de systèmes de négociation collective solides, nous risquons d'enraciner ces disparités plutôt que de nous attaquer à leurs causes profondes par le biais de solutions politiques équitables.
Malgré les progrès réalisés, les normes et les comportements sur le marché du travail continuent de maintenir l'écart salarial entre les hommes et les femmes et les différences de revenus. Les femmes prennent des congés parentaux plus longs, travaillent plus souvent à temps partiel et sont concentrées dans des secteurs essentiels tels que les soins - des secteurs qui ne sont pas bien rémunérés malgré une charge de travail et un stress élevés. C'est pourquoi il est essentiel d'investir dans des politiques d'égalité entre les hommes et les femmes, telles que le congé parental, et de prendre des mesures pour assurer la transparence des salaires. Nous devons aborder la question de l'égalité entre les hommes et les femmes pour être en mesure d'apporter la justice économique à des millions de travailleurs.
Le TUAC poursuivra ces discussions au sein des forums de l’OCDE, en soulignant le rôle essentiel de la négociation collective pour relever les défis interconnectés de l’égalité hommes-femmes et du changement démographique, en particulier dans le contexte des transitions numérique et verte.
Les prochains webinaires du TUAC en septembre traiteront des disparités de richesse et de revenu et des solutions potentielles, suivis d’une session sur les cadres alternatifs de politique économique et sur la manière dont l’OCDE pourrait défendre des modèles de croissance plus équitables.
Crédit photo : Marcel Crozet / OIT
