La crise énergétique qui se profile montre que les entreprises publiques sont des instruments indispensables pour lutter contre la pauvreté énergétique, faire progresser la transition juste et réduire les inégalités – et les cadres de gouvernance de l’OCDE doivent en tenir compte, a fait valoir le TUAC lors de la réunion du Groupe de travail de l’OCDE sur les entreprises publiques et les pratiques de privatisation qui s’est tenue le 1er avril.
Les entreprises d’État emploient 33 millions de personnes dans le monde, détiennent environ 37 000 milliards de dollars d’actifs et génèrent 18 000 milliards de dollars de revenus annuels. Le TUAC se félicite que le groupe de travail reconnaisse ce poids économique et qu’il admette que les changements géopolitiques renforcent les arguments en faveur de l’utilisation des entreprises d’État pour faire avancer les objectifs de politique publique. Cependant, les syndicats identifient une tension croissante entre l’accent mis par le groupe de travail sur la prévention des distorsions de concurrence et une réalité géopolitique qui souligne de plus en plus le rôle stratégique des entreprises d’État dans la garantie de la sécurité économique et de la cohésion sociale.
Cette reconnaissance doit être suivie d’actions concrètes. Les syndicats préconisent d’intégrer la transition juste – alignée sur les lignes directrices de l’OIT de 2015 et l’Accord de Paris – dans les politiques de propriété de l’État, et se félicitent de l’accent mis par le groupe de travail sur la divulgation de la durabilité, soulignant que les entreprises d’État doivent montrer l’exemple. Le TUAC souligne également le rôle de la conditionnalité sociale pour garantir que les politiques industrielles contribuent au travail décent et au développement durable.
La participation des travailleurs à la gouvernance des entreprises publiques est au cœur de la vision du TUAC. Les syndicats soutiennent fermement la proposition du groupe de travail d’élaborer des lignes directrices sur les meilleures pratiques en matière de conseils d’administration, arguant que les administrateurs salariés apportent une expertise opérationnelle irremplaçable et une perspective à long terme au-delà de la logique financière à court terme. Fabrice Guyon, membre de la FNME-CGT et membre du conseil d’administration d’EDF, a souligné ce que cela signifie en pratique dans le secteur de l’énergie : la gestion publique et la représentation des travailleurs sont essentielles pour garantir une énergie abordable, sûre et à faible émission de carbone pour tous.
Les syndicats continueront à s’engager avec le groupe de travail pour s’assurer que les cadres de gouvernance des entreprises d’État sont à la hauteur de l’ambition stratégique qu’exigent la sécurité énergétique, l’action en faveur du climat et l’accroissement des inégalités.
