Le TUAC conteste la réponse macroéconomique de l’OCDE à la guerre en Iran, et met en garde contre le fait que l’OCDE n’est pas en mesure de fournir une réponse macroéconomique à la guerre en Iran. Perspectives économiques intérimaires publiées le 26 mars répètent les erreurs commises lors de la récente crise du coût de la vie en s’appuyant sur les banques centrales pour gérer un choc du côté de l’offre que la politique monétaire ne peut pas résoudre.
Les Perspectives maintiennent la croissance mondiale à 2,9 % en 2026, reconnaissant que sans le conflit, elle aurait atteint 3,2 %, tout en considérant que le choc a été contenu. Les syndicats contestent cette affirmation. Le détroit d’Ormuz achemine environ 25 % du commerce maritime mondial de pétrole, la quasi-totalité de la production de gaz naturel liquéfié du Qatar et des Émirats arabes unis, ainsi que des intrants clés tels que les engrais et l’hélium. Les experts estiment qu’il faudra des années, et non des mois, pour réparer les dommages causés aux infrastructures d’extraction et de stockage des deux côtés du conflit. Le TUAC affirme que l’OCDE sous-estime l’ampleur de la crise et que la réponse qu’elle propose – un soutien budgétaire limité et une dépendance continue à l’égard de la politique monétaire – est tout à fait inadéquate.
La politique monétaire ne peut, à elle seule, faire face aux pressions inflationnistes engendrées par les conflits extérieurs et les chocs d'offre. Les gouvernements doivent intervenir en prenant des mesures pour contenir les prix et limiter les profits excessifs, en soutenant les ménages qui souffrent encore de la crise du coût de la vie. Il est également urgent d'investir durablement dans les sources d'énergie verte afin de réduire l'exposition à long terme aux chocs sur les produits de base.
Les travailleurs abordent cette crise en position de faiblesse. Comme l’indiquent les dernières Bulletin des salaires de l’OCDE confirme que, dans près de la moitié des pays de l’OCDE, les salaires réels n’ont pas encore retrouvé leurs niveaux du début de l’année 2021, les salaires moyens et médians étant particulièrement à la traîne. Les marchés du travail se refroidissent à la fois aux États-Unis, où l’emploi a chuté de manière inattendue en février, et dans toute l’Europe, où les transitions entre le chômage et le travail se sont ralenties pour atteindre les niveaux d’avant la pandémie. Dans ces conditions, les syndicats soutiennent que même le maintien des taux d’intérêt actuels est effectivement restrictif, et qu’un nouveau resserrement risquerait de faire basculer des économies déjà fragiles dans la récession.
Les syndicats exigent une stratégie macroéconomique expansionniste, avertissant que tout resserrement monétaire risque d’aggraver les dommages causés à des économies déjà fragiles. . Dans le même temps, la nécessité d’investissements publics et privés est plus urgente que jamais, de même que les transferts aux ménages, le plafonnement des prix de l’énergie et les mesures visant à empêcher les profits des entreprises, comme ceux qui ont aggravé l’impact du choc énergétique de 2022 et prolongé la crise du coût de la vie. Le TUAC insiste également sur la nécessité d’investir durablement dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique afin de réduire la dépendance à long terme à l’égard des marchés volatils des matières premières.
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